Les Jardins du Montperthuis

An exceptional garden in Perche - Manor of La Pillardière

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History

The beginnings of Les Jardins du Montperthuis

Thursday 26 January 2017, by Philippe Dubreuil

Au commencement était un grand pré avec quelques vaches dedans. Une grande page vierge où tout était à écrire, à inventer.

La première étape à été l’arrachage du lierre, des ronces, des orties, le désenfuissement des pneus, du béton, des poteaux divers et variés, la coupe des sapins de Noël, l’arrachage des souches, le curage de l’ancien ruisson où on rouait le chanvre, devenu en cinquante ans une décharge d’où nous avons extrait des dizaines de mètres cubes de déchets.

Peu à peu le site se débarrassait de ses immondices et se révélait sous nos yeux toujours admiratifs et excités par la beauté du lieu.

Le grand drame de ce jardin était l’absence d’arbres vénérables, tout ce qui ressemblait à des haies étaient en fait des murs de ronces qui avaient envahies les arbustes.

Les quelques arbres de haies étaient asphyxiés par le lierre, et il fallait faire un grand ménage pour commencer à discerner un plan général.

Très vite m’est apparue la nécessité de fermer la cour afin de couper le vent et de créer un lieu plus intime, de relier la grande grange au four à chanvre avec un porche qui permettra l’entrée face à la maison, au bout d’un chemin bordé d’Ormes.

Une cour divisée en plusieurs espaces par des haie de charmes taillés, liant les différents bâtiments entres eux, créant des perspectives, des ouvertures, des liens entre les lieux.

La colonne vertébrale du jardin serait l’axe Orient-Occident, traversant la maison principale et continuant vers les bois de Clinchamps, de cet axe viendrait plusieurs traverses entrainant l’œil de part et d’autre du jardin et organisant la circulation et l’espace. Le potager prenait sa place naturelle, le long du chemin d’accès, près des communs, traversé par un deuxième axe parallèle au central. Dans la continuité du potager vient se présenter un verger et ensuite une collection de pommiers Percherons et Normands.

Au début de mon axe central, celui-ci se divise en trois, chiffre mystique, un bras vers le potager et sa fonction nourricière, celui qui mène au logis et le dernier qui sera le chemin pour accéder à mes bureaux, la fonction créative.

Entrée marquée par un mur de pierres sèches en forme de cercle qui est la forme primitive de toute chose. Mur souligné par des chênes vert et des spirées à leurs pieds.

Un deuxième cercle comme une onde répétant celui du muret est formé par les Ormes qui finissent dans les haies, avec en sous-ligne une haie basse de charmes taillés.

Un bosquet d’Hêtres pourpres ponctue l’entrée et donneront de l’ombre aux percherons.

Le long de l’allée de la grange des charmes fastigiés sont plantés , cette allée est bordée par les lisses de la prairie pour les chevaux.

Dans cette prairie sera plantée une collection de Chênes.

Le long de l’allée du potager seront plantés une collection de cerisiers japonais dont la floraison répondra à celle des cyclamens de printemps.

L’allée d’Ormes résistant à la graphiose s’ouvrira sur une clairière de Tilleuls argentés qui donne sur le porche d’entrée de la cour, porche destiné à être ouvert afin de créer une perspective depuis la maison.

Passé ce porche nous dominerons sur une esplanade surélevée servant à mettre en valeur les agrumes en caisses, un jardin formel flottant sur un canal en faisant le tour avec en son centre une fontaine d’où jaillit la source originelle avant de se rependre dans quatre rigoles d’eau rappelant les quatre fleuves du jardin d’Eden.

Ce jardin sera composé de broderies de buis.

Pour réaligner les niveaux et harmoniser la cour, je créé une terrasse le long de la grande grange qui pourra servir lors de futures réceptions à doubler le volume de la grange tout en reprenant le motif des portes.

Le jardin potager en hauteur par rapport à la cour, va me permettre de jouer avec l’eau en la faisant circuler depuis le bassin central vers un bassin en contrebas dans la cour à travers une rigole. Le mur d’enceinte, à cet endroit sera plus bas et créera une perspective depuis le garage vers le verger et l’entrée.

Contre le potager, j’ai besoin d’intégrer une serre qui puisse me permettre d’entreposer les agrumes l’hiver et faire mes semis, je rêve d’avoir une grotte qui ruissèlerais d’eau comme les nymphés des jardins italiens. Serre dans laquelle je pourrais avoir les Daturas dont le parfum capiteux me plait tant, ainsi que de multiples variétés de plantes exotiques.

Les espaces de la cour sont déterminés par les bâtiments, les ouvertures dictent les percées, leurs angles les bordures.

Le logis aura donc son jardin formel, la grande grange sa terrasse, le passage entre la garage et le logis deviendra une orangerie et l’espace extérieur une roseraie avec deux pergolas cadrant le volume de chaque coté du chemin menant à la serre.

Des charmes taillés et des poiriers palissés en cordons et espaliers diviserons les volumes.

La cour d’entrée restera une cour de ferme, pratique et fonctionnelle, avec peu de végétation, seul un Tulipier de Virginie après le four à chanvre marquera l’entrée de la propriété et deux platanes masqueront l’imposante silhouette du garage et donneront de la fraicheur à ce lieu plus minéral dont le bruit du bassin occupera l’espace.

La cour d’entrée permettra toutes sortes d’activités liées aux écuries, à la livraison du bois déchiqueté pour la chaudière, aux entrées des tracteurs et voitures.

Cet espace à l’Est de la maison étant planifié et tracé, il ne reste qu’à faire intervenir les engins nécessaires pour obtenir le résultat de mes idées.
Après avoir tracé au sol les lignes des allées, déblayé les haies de ronces, arrachés les arbres moribonds, le bulldozer achève de décaper ces saignées dans le sol pour que l’on puisse déposer un géotextile pour limiter l’enfouissement des cailloux et les remontées de terre. Quelques 250 tonnes de calcaire plus tard c’était chose faite, les allées existaient et les sols de la grange et du garage étaient mis à niveau et empierrés.

Avec la porte du garage remplacée, la cour commençait à apparaître.
Les premiers arbres étaient commandés et allaient pouvoir être livrés et plantés.

Ce sont les Ormes de l’allée principale qui ont été plantés en bosquets de 3 séparés de 10 mètres liant l’arrondi de l’entrée à la clairière de Tillleuls argentés devant le futur porche d’entrée de la cour. Au pied de ces arbres seront disposés quelques milliers de bulbes, composés de narcisses, de cyclamen et de scylles.

Les Tilleuls viennent créer une clairière avant le porche qui rappelle l’entrée en pierre.

Devant la grange les arbres de Judée montent la garde avant de laisser place à une armée de charmes fastigiés qui soulignent l’allée menant à la grange.
Rien qu’avec ces premiers arbres le jardin commence à apparaître, c’est toujours une belle émotion de voir surgir ce qu’on a dessiné. Qu’elle merveilleuse opportunité de pouvoir partir de rien même si c’est une énorme frustration de ne pas avoir quelques Chênes centenaires et vénérable sur la propriété.

C’est au tour des haies bocagères de voir l’intervention de la bêche, tout au long de la séparation d’avec le champ. Un mélange d’aubépines, de viornes, charmes, houx, merisiers, épines blanches et rouges pour recréer ce que des générations d’agriculteurs ont arraché. Des percées sont prévues afin de laisser le regard partir au loin vers la vallée et le site de la Perrière. 300 mètres plus loin et il n’y a plus qu’à attendre que les oiseaux puissent se nourrir l’hiver.
Des Chênes vert viennent marquer le cercle d’entrée afin de créer un écran persistant pour renforcer la longueur de l’allée.

Après une grande réflexion concernant les variétés de pommiers que je voulais voir dans le verger, je fais venir de la pépinière Almin dans la Manche 36 pommiers qui prendront place dans la continuité du potager, 16 pommiers à couteau et à deux fins et 20 pommiers à cidre. Le verger va se compléter de poiriers, pêchers, abricotiers, pruniers, cerisiers, kiwis et pommiers en cordon pour guider l’allée. Le verger est clos d’une haie de charmes et houx pour refreiner les attaques de lapins et autres nuisibles au sein du potager.

Après quelques jours de répit, la commande de Mme Adeline dans le Cher arrive, les cerisiers d’ornement vont s’aligner le long de l’allée du potager au pied desquels je voudrais planter une collection de perceneiges. L’allée deviendra un nuage de tons blanc, nacré, rosé.

Avec les cerisiers ont été livrés la collection de chênes qui irons dans la prairie de chevaux, une petite collection de Tilleuls qui suivent le chemin d’accès, une collection d’Aubépines entre eux.

Les Tilleuls cordata qui seront l’architecture de la cathédrale de verdure attendront le passage de la niveleuse afin d’être plantés.
Le décor commence à vraiment prendre forme, les grandes lignes du jardin se profilent, les arbres auront le temps de se développer pendant les travaux de la maison.

Le Potager est agrandi et nivelé, il domine la cour d’entrée et recevra ce qui devrait nous nourrir et fleurir la maison.

Passionné de jardins, je le voudrais formel, encadré de buis et ponctué par des cônes pour animer cet espace plan. De grandes bordures de fleurs attireront les abeilles, ce seront des Népétas, des Pérovskias chargés de fleurs bleues.
Des Poiriers pleureurs blancs veilleront comme des sentinelles aux entrées du jardin, les glycines en arbre marqueront le passage et embaumeront l’air du printemps.

Le potager fera la part belle aux fruits rouges et aux légumes oubliés, panais, radis noir, topinambours, Helianthis, scorsonère, persil tubéreux, cardons rouge et jaune.

Le jardin des simples accueillera les plantes pour leurs qualités gustatives leurs effets thérapeutiques et leur belle allure.
Les Dahlias et les glaïeuls jetteront leurs mille feux sur les feuilles d’artichauts et les angéliques.

Tout un monde à créer à partir de cette grande page vide, un fabuleux challenge quand on aime les arbres vénérables et que l’on part de rien. Enfin presque rien, les majestueux bâtiments sont très présents dans ma réflexion autour du jardin.

Voilà les fondements de la création des jardins du Montperthuis, encore beaucoup à faire et à planter.